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Le contexte de la zone de protection
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| Les "Marionville" | |
| Grand-Rieu | |
Une pente trop faible.La Haine, rivière de 60 km de long qui a donné son nom au Hainaut, prend sa source au plateau d’Anderlues à une altitude de 180 mètres. Pourtant plus proche de la Sambre que de l’Escaut, c’est vers celui-ci qu’elle coule. Mons est à mi-chemin. Condé-sur-Escaut se situe au confluent. Initialement orientée vers le nord, la Haine prend, soudain, après Morlanwelz, la direction de l’ouest jusqu’à Nimy, elle plonge alors vers le sud jusqu’aux portes de Mons où elle s’oriente de nouveau vers l’ouest en se traînant à travers le Borinage jusqu’à l’Escaut. La Haine circule, dans la région du Centre, dans une vallée très étroite, qui creuse le sol d’Haine-Saint-Pierre à Ville-sur-Haine, où elle arrive à 45 mètres d’altitude. A Mons, nous sommes à 30 mètres d’altitude (soit 150 m de dénivellation sur 30 km). Ici, le décor change. La vallée prend la forme d’une gouttière dont la coupe est un U fortement évasé, à fond plat. Au fond de l’auge boraine (qui ressemble à une petite plaine d’aspect poldérien), la vallée s’étale, s’élargit et continuera de s’élargir jusqu’au confluent avec l’Escaut, à environ 15 mètres d’altitude (soit 15 m de dénivellation sur 30 km). Un déséquilibre dans la répartition des affluentsLa Haine a un bassin hydrographique de 400 km² (soit les 2/3 de la superficie du Borinage) elle recueille toutes les eaux usées et les eaux de ruissellement de cette région amenées par des ruisseaux dévalant essentiellement le versant sud. On ne peut qu’être frappé par l’importance des affluents que la Haine reçoit à partir de Mons, par rapport à la première moitié du parcours. Les affaissements miniers.Au centre de la région, se trouvait le gisement de charbon du Couchant de Mons. Des dizaines de charbonnages, aujourd’hui fermés, sont nés là et ont formé l’agglomération que nous connaissons aujourd’hui. Le sol fouillé et miné pendant plusieurs siècles fut à l’origine d’affaissements. Ceux-ci modifièrent le profil de la Haine et aggravèrent les inondations en période de crue par la formation de cuvettes, d’où les eaux, n’eurent plus d’évacuation naturelle. Les affaissements constatés sont de l’ordre de plusieurs mètres. Des inondations énormes eurent lieu, des débordements et des ruptures de digues noyèrent la rive gauche pendant l’hiver 1925-1926 sur plus de 2500 ha à l’aval de St-Ghislain, situation aggravée par les pluies abondantes alors que la Haine était déjà gonflée par une crue antérieure due à une fonte des neiges. Une zone de subsidence.Si l’exploitation du charbon et ses conséquences causèrent l’affaissement du sol miné, il faut ajouter que le sol de la vallée s’effondre naturellement depuis des millions d’années. Le Borinage, situé dans le synclinal de la Haine, a la particularité d’être une zone de subsidence. On constate à l'ouest de Mons, que la dépression marécageuse est comblée, par des dépôts meubles sur plusieurs kilomètres de largeur. Ces terrains se sont déposés du crétacé (fin du secondaire) à la fin du tertiaire formant un synclinal. Avant que des dépôts du quaternaire, plus plans, ne recouvrent le tout donnant à la vallée sa physionomie actuelle. L'explication de cette superposition de terrains de plus en plus récents ne peut être fournie que par le phénomène de subsidence, un enfoncement lent et régulier qui commence à la fin de l’aire Primaire, il y a plus de cinq cent millions d'années. La composition des terrains sous-jacents au Houiller révélée par les sondages profonds récents et qui ont mis en évidence notamment l'existence de nappes profondes d'eau très chaudes, à Saint-Ghislain, est responsable du phénomène. La découverte, sous le Houiller d'anhydrite permet de supposer que la dissolution de cette roche pourraît être intervenue dans ce mouvement continu d'affaissement. La subsidence s'est sans doute poursuivie au cours du quaternaire. Mais cette hypothèse n'est pas définitivement démontrée. En effet, si l'on sait que la base des alluvions quaternaires de l'Escaut en amont de Tournai montrent une contre pente, on ignore cependant si ce constat est dû au soulèvement du Mélantois dans le Nord de la France ou à l'affaissement de la vallée de la Haine. C'est dans de tels bassins aptes à emmagasiner les sédiments végétaux que la houille est née. Formée de débris végétaux fossilisés, elle est le fruit de conditions bien particulières qui débuta voici 280 à 300 millions d'années. La région de Mons était située en bordure de mer dans une vaste plaine marécageuse, colonisée par une végétation forestière. Dans le fond de ces marais, d'énormes quantités de débris végétaux s'accumulaient. En l'absence d'oxygène, ils subissaient alors une carbonification. Périodiquement, une transgression marine occasionnée par un affaissement plus conséquent noyait la forêt. Ses débris étaient alors recouverts de sable et d'argile provenant de l'érosion du continent. Peu à peu le golfe marin se comblait et redevenait une lagune verdoyante, origine de la couche de charbon suivante. Ce cycle s'est reproduit jusqu'à 400 fois permettant une accumulation de plus de 2 000 m de sédiments. La formation d'une veine de charbon de 50 cm d'épaisseur nécessite une accumulation préalable huit à dix fois supérieure qui n'est possible que si la région, tectoniquement instable, s'enfonce plus ou moins lentement. Contrairement au reste du bassin houiller wallon, celui de la Haine a continué à s'enfoncer irrégulièrement, soumis à une subsidence tectonique et est encore de nos jours, affecté par des séismes de faible amplitude. C'est peut-être grâce à cela qu'on lui doit un trésor paléontologique des mieux conservés : les iguanodons de Bernissart, animaux préhistoriques qui, il y a quelque 140 millions d'années, furent piégés dans un affaissement de terrain et y dorment encore pour la plupart. En conclusion.Ainsi, cette région marécageuse de la plaine de la Haine inférieure,
est depuis toujours en effondrement et hostile à l'homme qui a dû la conquérir à la manière d'un polder dont émerge une île, sur laquelle sera bâti Saint-Ghislain, point de passage obligé des communications nord-sud. L’action de l’Intercommunale IDEA, grâce aux stations de pompages ; l’aménagement des cours d’eau principaux assurant l’écoulement vers l’ouest ; l’aménagement des affluents et leur arrivée dans la vallée basse afin d’éviter les débordements, le drainage des terrains et des agglomérations pour lesquels un écoulement naturel par temps de crue ou par temps normal n’était plus possible, a fait oublier les inondations calamiteuses que le Borinage a connu. Autres zones de protection spéciale de Wallonie ![]() |