|
|
Réserves naturelles
|
| Les "Marionville" | |
| Grand-Rieu |
| CARACTERISTIQUES | Créée en 1980 sur 60 ha; propriété de l'IDEA; gérée par les RNOB. |
| DESCRIPTION | Les "MARIONVILLE", lieu-dit connu et repris comme tel sur les cartes topographiques constitue aujourd'hui une réserve naturelle inaugurée officiellement le 11 janvier 1980. Champs cultivés et prés d'élevage à l'origine, les"MARIONVILLE" furent noyés par des affaissements dès 1958, bouleversant ainsi l'écosystème local. Vers 1966-1967, de vastes travaux d'assainissement entrepris par l'IDEA, (tels la rectification du lit de nombreux cours d'eau dont celui de la Haine ou encore le remblayement des zones marécageuses), perturbèrent et altérèrent l'équilibre naturel déjà acquis. Une fois les travaux terminés, la nature reprit ses droits et en 1978, un accord entre l'IDEA, propriétaire des terrains, et les Réserves Naturelles et Ornithologiques de Belgique (RNOB) intervint pour confier la gestion du site (50ha) à cette dernière organisation. Ainsi, en 1980, la réserve est officiellement créée sur les territoires de QUAREGNON et SAINT-GHISLAIN. Le 2/11/1987, elle s'inscrit dans la zone de protection spéciale du bassin de la Haine, en application de la directive CEE 79/409. Le 12/12/1991, la Région wallonne lui donne le statut de réserve naturelle agréée, son comité de gestion est mis en place le 07/05/1993, son Président actuel est Etienne ROLAND. |
| ALTITUDE | Entre 20 et 25 m |
| HISTOIRE | Les cartes anciennes du Borinage dont le relevé‚ précède l'exploitation souterraine du charbon font état d'un bassin de la Haine au paysage très peu dénivelé et très marécageux. C'était autrefois la force de la ville de Mons que de pouvoir inonder ses alentours et s'isoler assez rapidement de ses assaillants. A l'exception de St Ghislain, la plupart des villages se sont d'ailleurs établis sur les faibles hauteurs pour échapper à la montée des eaux. La carte de Ferraris du 18 ème siècle montre à l'endroit des Marionville des près de fauche, sans doute pâturés sur le regain. Il n'y avait pas les plans d'eau que nous connaissons mais une dépression humide et quelques petits étangs. Les effondrements miniers d’après 1940 ont été dans le sens de l'inondation et ont créé les plans d'eau que les canards apprécient comme un havre de paix. ![]() Les MARIONVILLE vers 1970
|
| ATOUTS |
Dans tout le Bassin de la Haine, les zones humides ont été d'une richesse biologique extraordinaire pour être par la suite largement entamées par les travaux d'infrastructure. Le site protégé des Marionville que nous connaissons aujourd'hui se développe entre autres sur des assiettes de chemin de fer, sur des remblais et le long d'une Haine canalisée qui n'a plus rien d'une rivière. Des trésors du passé, il ne reste plus à St-Ghislain que trois sites : les Marionville (protégés depuis 1978), les Prés de Grand Rieu (protégés depuis 1992 - ZHIB 1995) et le marais de Douvrain (au statut encore incertain en 1997). Et dans un environnement aussi industriel et urbanisé, les sites protégés prennent une importance d'autant plus grande. La nidification régulière des Gorgebleues à miroir blanc a justifié que les Marionville deviennent une zone noyau de zone de protection spéciale au sens de la Directive Européenne pour la sauvegarde des oiseaux sauvages (79/409). Mais les Réserves Naturelles RNOB n'ont pas attendu la Directive Européenne pour agir. En 1978, aboutissait une convention de 10 ans assurant protection et avenir au site, propriété de l'intercommunale de Développement Economique et d’aménagement IDEA (bientôt complétée par une convention avec la SNCB). Elle fut reconduite pour 21 ans en 1988 et le site fut agréé en 1991. Plus tard (1997), le site s'est accru de 15 hectares supplémentaires portant la superficie du site protégé à 60 hectares. Le site présente une remarquable variété de biotopes favorables à une foule d'espèces animales et végétales, certaines très communes, d'autres devenues rares, quelques-unes unes rarissimes. Le Grand étang où vous pourrez observer les oiseaux depuis deux affûts est grand de 15 hectares mais n'est profond que d'un mètre et demi. Alimenté par la Gronde et la Rivierette, ses eaux sont assez polluées surtout lorsqu'on compare leur qualité à celle des six petits étangs qui l'entourent sur près de deux hectares. Autour des étangs, les cordons de végétations se répartissent l'espace de façon concentrique. La forte charge en éléments nutritifs des eaux du Grand étang favorise la formation du plancton qui à son tour attire les canards qui s'en nourrissent : Canards souchet et pilet, Tadorne de Belon (qui hiverne et niche parfois), Sarcelles d'hiver et d'été (les Marionville sont un de ses derniers sites wallons de nidification). Les roselières sèches abritent la Locustelle tachetée et le Bruant des roseaux. Le Phragmite des joncs rassemble aux Marionville le quart de sa population wallonne. Les larges plages de remblai recolonisées de chardons et de baldingère, de laîches et de pétasite sont fréquentées par les Traquets pâtres. Il suffit de se promener au printemps pour se rendre compte de la richesse de l'avifaune du site qui compte des hôtes de marque. Autrefois, le paysage du bassin de la Haine se caractérisait par les pâtures bordées de rangées de saules tetards. Paysages aujourd'hui révolus car il ne se passe pas d'année où une de ces rangées ne se fasse abattre. C'est pourtant là que traditionnellement niche la Chouette chevêche. En attendant que vieillissent les jeunes plants de saules, quelques nichoirs sont aménagés à son intention. La Gorgebleue
(Luscinia svecica cyanecula)
Mais il n'y a pas que les oiseaux ! Les eaux des étangs sont peuplées de brochets, brêmes, gardons, tanches, poissons chats (introduits), épinochettes, de grenouilles vertes et rousses, de tritons alpestres et communs. Les bords des eaux sont parcourus par quatre espèces de musaraignes, les friches grouillent d'insectes, de rats de moissons, de lerots, de renards, de putois, d'hermines, de belettes, de lièvres et de lapins. Une petite population de lézard vivipare s'y maintient. La protection du site étant assurée au niveau juridique de la façon la plus forte (l'agrément comme réserve naturelle par la Région wallonne), les objectifs de la gestion ont été clairement définis, sont contenus dans l'arrêté d'agrément et sont d'application comme l'est une loi : les étangs devront rester ouverts et l'atterrissement naturel sera contrarié; les friches resteront ouvertes; la qualité des eaux qui alimentent le site sera améliorée; une fluctuation du niveau des eaux aura lieu, permettant l'hivernage des oiseaux mais empêchant l'inondation des nids au printemps. Les eaux seront élevées en hiver et basses à la fin de l'été; des saules têtards seront replantés; les ceintures de végétation seront maintenues et les roselières seront rajeunies. |